Je ne publierai plus

Arrêt de publication

J’ai annoncé dans mon dernier bilan l’arrêt de mes publications indépendantes (donc de mes publications tout court puisque je n’ai plus de maison d’édition). Si vous avez raté l’information, sachez qu’après la parution de Des proies pour l’ombre 3 en octobre 2019, je ne publierai plus.
Est-ce que je vais continuer à écrire ? Sans doute, mais pas avant d’avoir trouvé un travail alimentaire stable. Afin de me concentrer sur cet objectif, je m’impose de ne pas commencer de nouveau roman d’ici là. Vu le contexte économique actuel, ça peut durer longtemps.

Changement de vie

Niveau travail alimentaire, justement, j’ai décroché un CDD saisonnier que je commence vendredi 1er juin et qui sera possiblement renouvelable (je vais faire des sandwichs sur une aire d’autoroute). Une fois mon expérience faite, je me mettrai en quête du sacré saint CDI qui me permettra de déménager et, je l’espère, de libérer mon esprit afin de recommencer à écrire sereinement. Car pour l’instant il n’y a pas vraiment de jolies pensées dans ma tête. En fait, j’ai l’impression qu’on est en train de me mettre une camisole de force avant de me jeter dans une salle d’isolement.
Ce n’est pas joyeux mais ça passera (je l’espère du moins) car pour l’instant je suis encore imprégnée d’un immonde sentiment d’échec par rapport à mes romans. J’écris depuis plus de treize ans, je publie depuis presque sept ans, et ça n’a rien donné. Mes ventes sont tellement ridicules que les centaines d’heures de rédaction, de corrections et de promotion (voire millier pour chaque tome de Des proies pour l’ombre) sont à perte. Pourtant, mes romans sont la seule chose dont je sois fière dans ma vie, même s’ils ne plaisent pas à beaucoup de monde, mais la fierté ne paie pas les factures. Le moment est venu pour moi de me rendre à l’évidence que le métier d’autrice n’est pas fait pour moi. Le temps et l’usure font la différence entre ceux qui restent et ceux qui partent. Aujourd’hui le temps me manque et l’usure a rongé ma détermination jusqu’au cœur. Il n’en reste que des miettes et le peu de bon goût qu’avait la vie s’est changé en cendre. Alors j’arrête, et je verrai plus tard.

 

Sauvez un•e auteur•trice, parlez de ses livres

Lecteurs•trices, si vous aimez un•e auteur•trice, achetez ses livres, n’attendez pas que tous les tomes de la série soient sortis ou que le format poche arrive car si tout le monde attend, sa chance passera. Et si vous aimez ce qu’il fait, laissez votre avis en ligne, en particulier sur les sites de vente, et parlez de ses livres autour de vous. Rares sont les auteurs•trices a avoir droit à des pubs à la TV ou dans les couloirs du métro…
Pour moi c’est trop tard, mais pensez aux autres. Et c’est pour que les autres n’aient pas à abandonner leur rêve et leur métier que je continuerai de relayer sur Twitter toutes les infos concernant les mouvements #PayeTonAuteur et #AuteursEnColère.

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3 réactions sur “ Je ne publierai plus ”

  1. Suzanne Roy Réponse

    Chère Dana,
    Ton billet me touche beaucoup et je ressens aussi (beaucoup) cette lourdeur liée à la publication, au temps qu’on perd, au peu qu’on reçoit (en lecteurs, en argent, en respect, surtout).
    Mon souhait pour toi: que tu trouves ta voie et la paix. J’espère aussi que tu retrouveras un plaisir à écrire. Ne laisse aucun éditeur (ou manque d’éditeur) t’enlever ce feu sacré.
    Je t’envoie tout mon soutien.

    • Dana B. Chalys Auteur ArticleRéponse

      Merci infiniment pour tes mots, Suzanne. Pour l’instant j’ai perdu jusqu’à l’envie d’écrire, j’attends de voir ce que me réserve l’avenir et si le feu se rallumera. Je l’espère, en tout cas. Même si mes romans ne sont pas extraordinaires, j’y ai mis, comme chaque auteur le fait, toute mon âme, alors c’est triste de se dire que ce bout de moi n’a pas su toucher les gens. J’ai l’impression d’avoir perdu dix ans de ma vie.

      • Suzanne Roy Réponse

        Je comprends tout à fait. J’ai un peu le même sentiment, mais il faut surtout essayer de garder le plaisir qu’on a à écrire. Mais je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire!
        Je te souhaite de trouver un travail qui te plaît, et de continuer à faire vivre tes personnages.

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