Pourquoi j’écris de l’Imaginaire ?

En ce premier Mois de l’Imaginaire, je vois circuler sur mes réseaux sociaux au taquet d’articles mettant en avant des œuvres de SFFF, ce qui m’a poussé à me poser une question à laquelle je n’ai jamais réellement réfléchi : pourquoi j’écris de l’Imaginaire ?

 

Je sais qu’en France ces genres sont « mauvais », réservés dans l’inconscient collectif à la jeunesse et donc inappropriés à un auteur « sérieux » (en plus j’ai souvent des héros homosexuels, ça aide encore moins). Pourquoi ne pas écrire de la Romance, des Thrillers ou du Polar, bien plus vendeurs ? La Romance et la littérature blanche ne m’intéressent pas, les Thrillers me tapent vite sur le système, j’aime lire des polars mais je ne m’estime pas encore prête à en écrire. Mais ce n’est pas la principale raison. Quand j’écris, je veux sortir de ma vie et de ce monde, je veux voir des choses que je ne vois pas en vrai ou si peu.
Si je veux des histoires tristes, de la trahison, de l’hypocrisie, des Bad End, de la maltraitance, du harcèlement ou de l’injustice, je vais dans la rue, j’allume ma télé, je suis les actualités, j’écoute les gens parler… J’ai vu personnellement trop d’histoires mal se terminer pour avoir envie d’en faire les thèmes de mes romans. J’ai vu trop de gens détruits par la tromperie, la drogue, l’alcool et la violence pour vouloir me l’imposer dans ma bulle de sérénité qu’est l’écriture. Ça ne m’empêche pas d’en parler, d’aborder les sujets dans mes histoires, mais à très petite dose, en toile de fond.
Ce que je veux, c’est de l’évasion, de l’amitié, de la confiance, de l’amour, du respect, des aventures dont on ressort grandi, du danger pour rappeler l’essence de la vie, sa fragilité, son souffle éphémère si précieux. Je veux du courage, de l’entraide, de la dignité, de la rage de vivre.
Je veux de la belle humanité.

De plus, depuis gamine j’ai toujours été fascinée par l’imagination, le besoin des humains d’expliquer ce qui les entoure, au début par les croyances, maintenant par la Science, et chaque voie ouvre sur une multitude de possibilités qui étendent mon terrain de jeu aux portes de l’infini. J’aime me demander ce qui se passerait si toutes nos légendes étaient aussi vraies que les faits scientifiques, comment nous réagirions face à des phénomènes paranormaux et des créatures surnaturelles, jusqu’où nous irions pour protéger les personnes auxquels on tient, si nous serions prêts à cohabiter avec d’autres espèces intelligentes…
J’aime créer une réalité à l’image de mes rêves ou à celle des personnages qui les peuplent. J’aime explorer de nouveaux paysages, inventer des vies, tisser des liens, dessiner des destins grandioses. Ce que je cherche, c’est amener ce rêve dans le quotidien de mes lecteurs, leur faire vivre à travers mes yeux ces mille vies de papier dont parle G.R.R Martin.
Aujourd’hui, j’aime autant m’intéresser aux croyances des civilisations anciennes qu’aux découvertes scientifiques. Je suis autant fascinée par le fait que les Aztèques vénéraient un dieu du suicide que par l’existence, supposée entre autres par la théorie des Cordes, d’un multivers. Cependant, mon bagage scientifique étant mince, je n’écris ni de l’historique ni de la Science-fiction car cela demande des connaissances particulières et précises que je sais ne pas avoir. Raison pour laquelle le Fantastique est et reste mon genre de prédilection même si j’aime de temps en temps faire un tour du côté de la Fantasy.
Le fait d’écrire de l’Imaginaire ne me dispense pas pour autant de me documenter sur les sujets que j’aborde, et donc d’apprendre, car malgré tout ce qu’on peut entendre, la SFFF n’est pas que pure fantaisie ; chaque genre se base sur des faits et des événements avérés pour la simple raison qu’on parle de ce qu’on connaît. Et ce qu’on connaît le mieux, c’est notre réalité.

En fait, j’écris de l’Imaginaire parce que le monde est trop petit pour moi. Il m’enferme dans ses propres limites. Écrire, c’est les dépasser.

Pays singulier, supérieur aux autres, comme l’Art l’est à la Nature, où celle-ci est réformée par le rêve, où elle est corrigée, embellie, refondue.
Baudelaire, Charles, « L’invitation au voyage », Petits Poèmes en prose, Gallimard.

 

Et toi, pourquoi tu écris de l’Imaginaire ?

 

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